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Se nourrir de livres

Bienvenue dans mon univers livresque !

« Un bon livre permet de se déconnecter du temps et de l’espace et de s’offrir un moment privilégié. »Jean Gastaldi.

Je suis une mère de famille de 40 ans (bon, OK, 41….). J’ai toujours aimé lire depuis toute petite. Je me rappelle les heures passées dans ma chambre à dévorer « le club des 5 », « les 6 compagnons » et autres bibliothèques roses et vertes.

J’avais mon antre, une bibliothécaire, chez qui je passais mes mercredis après midi, à fouiner, rechercher le tome manquant ou la perle rare.

Je ne peux pas m’empêcher de lire, c’est mon équilibre. C’est une passion qui se veut dévorante quelquefois, car ma vie sociale s’en ressens (eh oui, entre une soirée entre copines et un livre, le choix est cornélien…).

A travers ce blog, je veux tout simplement vous parler de mes lectures, de mes coups de cœur (ou pas), et vous faire découvrir des nouveaux auteurs pas forcément connus, mais talentueux. Et si, au détour d’un article, vous vous dites « tiens, ça m’a donné l’envie de lire ce livre », eh bien, je serai comblée.

Bonne lecture !!

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Article mis en avant

« Obia » de Colin NIEL

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Résumé :

Le destin de trois jeunes hommes qui se retrouvent pris dans le double piège des cartels de la cocaïne et des revenants d’une guérilla perdue, au Surinam.
En ranimant les souvenirs de la guerre civile qui provoqua à la fin des années 1980 le passage de milliers de réfugiés sur les rives françaises du Maroni, Colin Niel nous plonge dans une Guyane qui voudrait tout oublier des spectres de cet oppressant passé. Alors qu’au Suriname les gros bonnets de la drogue ont remplacé les Jungle Commando, le destin de trois jeunes hommes va se trouver pris dans le double piège des cartels de la cocaïne et des revenants d’une guérilla perdue.

Mon avis :

Second livre de cet auteur que je dévore.

Il est le dernier volet d’une trilogie, mais peut se lire indépendamment des autres, ce que j’ai fait, et je ne me suis pas perdue une seule seconde.

J’ai commencé par regarder sur internet ce que « Obia » signifiait : croyance, magie occulte. Voilà la définition au premier abord. Mais au fil des clics de souris, j’ai creusé, me suis penchée un peu plus sur l’histoire de la Guyane avant d’attaquer ma lecture. Et c’est passionnant ! De novice, pour qui la Guyane c’était juste Kourou, je me suis plongée dans ce voyage initiatique proposé par Colin.

On navigue à vue le long du Maroni, ce fleuve censé représenter la frontière entre la Guyane et le Suriname, on est pris dans les rapides de la guerre civile qui a dévasté la région, malmenés par le destin des « mules », transportant de la drogue dans leur corps pour gagner un peu d’argent pour leur famille, leurs enfants. Je pense à Clifton, prêt à risquer sa vie pour offrir une vie correcte à Djayzie, sa fille. J’ai été très touchée par le récit de son périple.

Au fil des pages, on découvre un peu plus cette région, le choc culturel qui oppose les créoles, les noirs marrons, les métro, les différences de couleur, d’opinion, de manière de penser ou d’agir. On apprend également à connaître  la géographie guyanaise, la forêt amazonienne, effrayante et pourtant si belle.

Trafic de drogue, guerre civile, réfugiés, croyances, sortilèges, meurtres, quête de la vérité et du passé. Tous les ingrédients sont là et savamment mélangés pour une recette savoureuse et dépaysante. C’est noir, réaliste, détaillé, les personnages sont intéressants, avec leur particularité propre, ils sont terriblement sympathiques et attachants, on se sent proche d’eux. Vacaresse nous apporte son lot d’émotions. L’intrigue est bien ficelée, l’écriture enchanteresse, le dernier quart du livre est un véritable page turner, mêlant rebondissements et révélations.

Ce livre, c’est une ambiance, on se déconnecte totalement de la réalité, on a l’impression de survoler la Guyane à bord d’une bulle, de voir les personnages évoluer en dessous de nous. On perd pied avec la réalité.

Je vous le recommande vivement, vous serez loin d’être déçus !!

A kaba bun bolon ! Bon voyage !

« Ne fais confiance à personne » de Paul CLEAVE

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Résumé :

Il y a pire que de tuer quelqu’’un : ne pas savoir si on l’’a tué.

Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Nous ne sommes pas très raisonnables. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes. Leurs ouvrages peuvent nous donner des idées regrettables, favoriser un passage à l’’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’’abri de faire de leurs fictions une réalité. Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’’hui où il en est. À force d’’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’’il est persuadé d’’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’’être inspirées de faits réels, l’’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

Mon avis :

Paul Cleave est l’un de mes auteurs préférés. J’ai eu la chance de le rencontrer aux Quais du Polar, et sa sympathie m’a conforté dans ce sens ! « Un employé modèle » m’a totalement subjuguée. Et même si j’ai été déçue par « Nécrologie », je me suis lancée dans ce nouveau livre avec bonheur.

Paul se renouvèle, tout en gardant son style si particulier. Exit le boucher de Christchurch. Il réussit le tour de force d’aborder un sujet extrêmement délicat qu’est la maladie d’Alzheimer, avec un angle totalement original, et sans se départir de son humour noir et cinglant. Tous les abords de la maladie sont évoqués, allant de l’annonce du diagnostic, aux premiers symptômes, au placement nécessaire, au ressenti du malade mais également de sa famille. C’est émouvant sans jamais partir dans le glauque.

Et autour de la maladie, il y a cette histoire terriblement bien ficelée, qui sème le doute inexorablement dans la tête du lecteur. Jerry, ancien écrivain de policier, atteint de la maladie d’Alzheimer, placé en maison de santé, fait les 400 coups. Lors de ses escapades dont il ne se souvient pas, que fait il ? Et si c’était lui l’assassin de cette femme dont le corps a été retrouvé ?

Jerry va mener l’enquête contre lui-même, découvrir s’il est coupable ou non de tous ces meurtres. Pour l’aider, quelques amis, et surtout son carnet de la folie, qu’il a commencé à écrire dès le début de sa maladie.

L’auteur nous fait naviguer entre le Jerry présent, amnésique, perdu et le Jerry passé, via ce carnet, lucide,  et surtout préventif. « Ne fais confiance à personne » est l’un des leitmotiv qui revient souvent. Et au fil des pages, on va en effet découvrir que ceux que l’on croit connaître se sont pas si honnêtes. Naviguant entre le « je », le « tu », le « il », Paul nous donne une leçon d’écriture, tout en nous parlant également de la vie d’écrivain, grâce à son personnage. On apprend quelques ficelles du métier, non sans humour.

Un roman hyper bien construit, impossible à lâcher, truffé de cet humour noir que j’apprécie tant, et une fin totalement « ouah ».

Pas un coup de cœur pour moi, car je n’ai pas été submergée par l’histoire, et que pour égaler « un employé modèle », il m’en faudra un peu plus, mais on s’en approche.

 

« L’ombre » de Luca TATHIEAZYM

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Résumé :

La Rochelle, la nuit, dans une rue déserte. Romain, en état d’’ivresse, fauche un homme qui tombe dans le coma.
Rongé par la culpabilité et l’’amnésie, Romain va mener sa catharsis en volant la place de sa victime auprès de ses proches, pillant ainsi une vie qui se confond avec la sienne.
Mais il y a un obstacle à cet avenir idyllique : millimètre après millimètre, l’’ombre de Romain s’’efface….

Mon avis :

Encore un livre que je découvre sans avoir lu le 4ème de couverture. Un saut dans l’inconnu le plus total. Et encore une claque !

Le début est terrifiant. Romain, conduit en état d’ivresse, renverse un homme et prend la fuite sans se soucier de l’état de sa victime. Après avoir passé 2 semaines à se cacher dans une chambre d’hôtel, à carburer à la bière et au whisky, il se décide enfin à rentrer chez lui. Et c’est là que commence l’horreur. Rongé par la culpabilité, il va tout d’abord se renseigner sur sa victime, Simon, puis sur sa femme et sa fille, puis sur son travail, puis….Peu à peu, il s’immisce dans la vie de Simon, pour prendre sa place parmi les siens.

Un roman dérangeant, qui sort des sentiers battus, très très bien écrit. C’est sombre, terrifiant, avec une part de surnaturel. La plume de Luca est nette, addictive, et nous entraîne dans cet engrenage. La culpabilité que ressent Romain au début du roman est tellement bien décrite, qu’on la sent s’immiscer en nous. On est à deux doigts de faire comme Romain,  de s’envoyer quelques bonnes rasades de whisky dans le gosier pour atténuer la douleur. Romain, ce personnage que l’on hait au départ, que l’on critique, mais que l’on va finir par comprendre, par plaindre et aimer. J’affectionne ces auteurs qui réussissent ce tour de force de nous faire aimer un personnage malsain et pervers.

Les personnages secondaires ne sont pas très nombreux, mais chacun apporte sa « patte » à l’histoire. Et que dire de l’ombre ? Eh bien, que c’est un personnage à part entière, troublante au départ, jusqu’au moment où on comprend ce qu’elle fait là.

La fin laisse une part belle à l’imagination du lecteur, mais n’empêche qu’une fois la dernière page tournée, pour peu qu’il fasse un peu sombre, on se surprend à regarder et détailler son ombre, et à se demander ce que nous aurions fait, à la place de Romain.

Voilà un auteur que je ne manquerai pas de suivre !

 

 

« Et tu vis encore » de Corinne MARTEL

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Résumé :

Alice, une jeune star de la chanson, a de mystérieux secrets qu’elle nomme le « Plan A ».

Marc, un écrivain de polars, appelle les siens le « Plan B ». En panne d’inspiration, il passe son temps à visiter des sites monstrueux qui troublent son équilibre mental.

Quant à Pierre, il réussit à obtenir la direction d’une nouvelle prison composée de trente-huit détenus très spéciaux : des tueurs en série enfermés à vie. Sur son bureau, une chemise grise, nommée le « plan C ».

L’atmosphère est bien trop angoissante pour ce si petit village du Vercors…

L’heure des choix ne serait-elle pas prématurée ? Ils le savent bien, la mise en place de leurs plans va bouleverser le cours de leurs vies et les conséquences seront irréparables.

Et vous, à leur place, qu’auriez-vous fait..?

Mon avis :

Premier roman de Corinne, j’ai été interpellée par cette couverture magnifique et cette petite phrase « à leur place, qu’auriez vous fait », prémisses d’une intrigue terrifiante. Le résumé, assez mystérieux, a achevé de me convaincre. Tout était réuni pour me promettre de belles heures de lecture.

Je ne m’attendais pas à ça ! Cette histoire se passe juste avant les fêtes de fin d’année, par contre, l’esprit de Noël, la joie, le bonheur, vous repasserez. C’est un récit terrifiant, où chaque personnage a ses propres secrets, sans aucun rapports les uns aux autres, à priori, et où tout s’enchaine, pour un final de dingue. Je suis ressortie de cette lecture totalement déconnectée, hors service, comme si un fusible avait sauté dans ma tête.

C’est une aventure menée sur les chapeaux de roue, il ne peut pas en être autrement, puisque le roman ne fait « que » 160 pages. Mais Corinne maîtrise cela à la perfection. Elle va  à l’essentiel, sans pour autant négliger les détails ayant leur importance. Addictif, il permet de se poser la question des secrets de famille entraînant une prise de décision, des choix parmi plusieurs possibilités s’offrant à nous.

Seul bémol : les personnages auraient pu être plus travaillés, autant dans leur vie quotidienne, que dans la description de leurs caractères, car on le devine derrière les mots, Alice, Henriette, Marc ou Vincent sont loin d’être superficiels.

Si vous souhaitez un voyage express dans de l’émotionnel intense, je ne peux que vous le conseiller !

 

« Le théorème de Cupidon » d’Agnès ABECASSIS

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Résumé :

Le Théorème de Cupidon : deux lignes parallèles ne se croisent jamais… sauf si elles tombent amoureuses. Si certaines histoires d’amour mettent autant de temps à démarrer, il y a une raison à cela : Cupidon est myope. Et allez demander à un myope de viser juste, pile entre deux oreillettes et deux ventricules ! Sa flèche aura plus de chances de se ficher autre part, et de vous octroyer des maux de ventre, une migraine ou une rage de dents. Sauf qu’il arrive que Cupidon s’acharne. Bien sûr, il ne chaussera pas ses lunettes, il est coquet, ce gosse. Mais force est de constater qu’il est têtu. Or, il se trouve qu’il a repéré deux êtres qui iraient parfaitement ensemble : Adélaïde, une directrice de casting, et Philéas, un réalisateur. Manque de pot, Cupidon les loupe systématiquement, donc, depuis des années, ces deux-là se ratent aussi. Pourtant rien n’arrive par hasard, et même l’amour a ses lois – sa loi mathématique, en l’occurrence : le théorème de Cupidon, selon lequel deux lignes parallèles ne se croisent jamais… sauf si elles se rencontrent à une intersection et qu’elles tombent amoureuses. Alors suivons le parcours de ces deux êtres aux aspirations a priori opposées. Exubérante, directe, rigolote, Adélaïde a décidé de fuir les histoires d’amour. Philéas est timide, maladroit, sérieux, et ne pense qu’à conclure. Alternativement, chacun va raconter son quotidien et dévoiler ainsi les ratés du chérubin bigleux… jusqu’au jour où il fera mouche !

Mon avis :

J’avais besoin de faire une bonne pause entre deux thrillers, et j’aime Agnès Abecassis, car ses livres sont toujours légers et drôles. Et « le théorème de Cupidon » ne déroge pas à la règle.

Un livre qui se lit sans réfléchir, qui nous fait rire et nous remonte le moral. On suit les pérégrinations sentimentales de Philéas et Adélaïde. Le passage de la soirée speed dating est à mourir de rire. Les clins d’oeil au monde cinématographique sont sympas.

Je le conçois, c’est pas de la grande littérature, mais quelquefois, ça fait du bien.

« Résilience » de Damien LEBAN

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Résumé :

Sur la tempétueuse île de Vinalhaven, l’éminent truand George Karletti est torturé à mort devant sa famille. Le shérif local bâclant volontairement l’enquête, ses deux adjoints reprennent discrètement l’investigation.

Entre chasse à l’homme, pression de la mafia et influences politiques, l’archipel maudit est alors mis à feu et à sang…

Mon avis :

Alerte coup de cœur monstrueux !!!

J’ai attaqué ce livre un mercredi en début d’après midi, bien au chaud dans ma véranda, avec vue plongeante sur mon jardin, aux prises avec le vent, la grisaille, et 2 ou 3 flocons de neige. Le lieu idéal pour être dans l’ambiance de ce livre ! A tel point que j’ai levé le nez en fin d’après midi, et à la moitié du récit, sans m’en rendre compte. Et j’ai failli dire à mes enfants « débrouillez vous pour manger, commandez des pizzas, partez chasser le sanglier, je m’en fou, personne ne me dérange ».

L’ambiance est oppressante, angoissante, anxiogène même. On se retrouve coincé sur cette île, coupée du monde par une tempête, isolée de tout, et de tous, sauf d’un mystérieux tueur qui exécute ses victimes sous les yeux de leurs proches. Le décor est planté, et le lecteur s’engouffre dans une traversée de l’enfer.

L’histoire mêle clan mafieux, trafics, secrets, mystères, corruption, femme battue, orphelins, drames familiaux. Inutile de vous dire que c’est chargé en émotions ! N’ayez crainte de vous perdre dans tout cela, c’est impossible. C’est tellement bien écrit qu’on ne perd jamais le fil. Et ce qui pourrait paraître « à côté de la plaque » va finir par s’emboîter à la perfection dans ce récit.

Les personnages sont vraiment hyper bien travaillés. Leurs personnalités sont riches et détaillées, on prend plaisir à vivre avec eux, à partager leurs vies. J’ai adoré le duo d’enquêteurs, Desmond et Lauren. Le principe de la résilience prend tout son sens. Tous les personnages y sont confrontés, et petit à petit, l’auteur nous dévoile des pans entiers de leurs passés, qui vont justifier leurs actes.

A chaque page, un rebondissement, un indice, une pièce du puzzle, tout est divulgué au compte goutte et met le lecteur à rude épreuve. Certaines scènes sont insoutenables, rien de gore, pas de description horrifique, tout est suggéré, et c’est peut être le pire. La scène qui m’a le plus traumatisée, je l’ai tournée en boucle dans ma tête avec effroi, sans arriver à m’en détacher. Pourtant, l’auteur n’a rien écrit, simplement une phrase, dévoilant juste ce qu’il faut pour mettre en route l’imagination du lecteur. Et il en résulte un malaise énorme, une nausée irrépressible, une angoisse dont on ne peut plus se défaire. D’ailleurs, j’ai longuement hésité à virer mon four de ma cuisine pour le cacher au fin fond de mon garage. Traumatisée, moi ? Non……

J’ai achevé ce livre le jeudi soir, dans le train, dans ma bulle. J’en suis sortie vidée, submergée par les émotions. Une grande claque dans ma vie de lectrice, comme on en prend pas souvent, et pourtant, Dieu que c’est bon !!

 

« Double jeu » de Mark ZELLWEGER

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Résumé :

L’Afrique est agitée de toutes parts par des mouvements rebelles sur-armés. En République démocratique du Congo des populations sont victimes de malformations crâniennes et neurologiques dont l’origine est inconnue. Le général Avram Leibowitz, père du Faucon Rebecca, a disparu. Une fois de plus, le Sword, seul service de renseignements indépendant et neutre au monde, est sur tous les fronts. Car le Secrétaire général de l’ONU lui demande également un coup de main pour résoudre des crises en Syrie et en Ukraine.

Mon avis :

« Double jeu » est le 3ème tome d’une série mais peut se lire indépendamment.

Un roman d’espionnage en bonne et due forme qui nous entraîne de part le monde, à un rythme plus que soutenu, entre rapports de force et conspiration. Les conflits et les relations diplomatiques et géopolitiques sont très bien documentés. L’auteur prend le temps de poser les choses ainsi que les protagonistes.

Une pollution mystérieuse en Afrique entrainant une crise sanitaire sur la population m’enchante, eh oui, j’adore dès que le médical rejoint l’intrigue.

Les personnages sont attirants, ils ont une vie en dehors du Sword, une famille, des joies, des doutes, des drames, et cela est vraiment appréciable. Mark et Annok sont terriblement attachants. Dans ce tourbillon dangereux, on leur souhaite de réussir, car leur bonheur est à la clé.

L’écriture est légère, subtile, les chapitres sont courts, le rythme est excellent, l’auteur nous explique vraiment tout, on ne peut pas se perdre, même en étant totalement novice en géopolitique (on ne peut toutefois pas réellement être néophyte, ou alors, il ne faudrait jamais avoir regardé un journal télévisé ou lu un quotidien…). Et même si les personnages importants ou les situations sont imaginaires, il y a une part de réalité qui fait froid dans le dos.

Un récit qui met les nerfs à fleur de peau, extrêmement bien dosé et structuré. Une réussite !

 

« Ressacs » de David James KENNEDY

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Résumé :

Interne dans un hôpital isolé du Pays Basque, Jean-Christophe d’Orgeix constate une nuit qu’un de ses patients, arrivé dans l’après-midi après un accident de voiture, a été agressé dans son lit. Le pauvre homme est au plus mal, et malgré les tentatives désespérées du jeune médecin pour le sauver, il décède quelques minutes plus tard. Fou de rage, Jean-Christophe d’Orgeix se lance dans les couloirs à la poursuite de l’agresseur… et disparait subitement. Plus personne ne le reverra jamais.

Interne dans le même hôpital, et très affecté par la disparition de son ami, Thomas mène l’enquête. Il découvre vite qu’entre ces murs, bâtis sur les vestiges d’un ancien monastère, d’autres disparitions ont eu lieu, et notamment celle d’un interne, sept ans plus tôt. Un jeune homme dont l’histoire ressemble en tous points à celle de Jean-Christophe, et dont les photos montrent… qu’il en était l’exact sosie.

Mon avis :

Moi qui était ravie de partir m’évader au pays basque, on ne peut pas dire que David le dépeigne sous son meilleur jour ! Nous avons l’Atlantique déchaîné et tempétueux dans lequel on ne se voit pas y faire trempette, la grisaille et l’humidité dignes d’un paysage irlandais, un ancien monastère bourré de secrets, de traditions et de…fantômes (?), reconverti en hôpital militaire où les patients et personnels soignants disparaissent ou tombent comme des mouches. Bel lieu de villégiature me direz-vous ? Eh bien oui ! Je me suis régalée !

Il y avait du suspense, des mystères, on entre très vite dans le feu de l’action. L’ambiance est sombre, les rebondissements nombreux. Il y a un côté assez psychologique, un autre un peu irréel, on en vient presque à croire aux fantômes, David joue avec son lecteur et les diverse possibilités qui s’offrent à lui, et ça, j’adore ! On a l’impression d’être dans une petite barque au milieu de l’océan en pleine tempête. Et une fois commencé, je n’ai eu de cesse de le terminer, d’ailleurs, il a été commencé le vendredi soir et terminé le dimanche matin.

Tom Castille, interne, et le lieutenant Bost, vont s’épauler pour venir à bout de ce puzzle hallucinant. Un personnage féminin vient compléter ce duo, Sophie, dont le rôle a tout de même été plus discret.

L’écriture de David est fluide, rythmée, sans longueurs, avec de réguliers « résumés » de la situation, ce qui permet au lecteur de faire le point, de ne pas se perdre dans les méandre de l’enquête, qui est bien fournie.

La fin a été à la hauteur du reste, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Nous voilà donc avec un thriller brillant, conseillé par Franck Thilliez en personne, avec des protagonistes et une intrigue différents de ce que l’on peut retrouver généralement. Quand je pense que ce livre trainait au fond de ma PAL depuis des lustres, et que c’est la présence de David à Vienne qui m’y a fait penser, j’ai honte !

 

« D’ombre et de silence » de Karine GIEBEL

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Résumé :

« Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages. C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. »
Karine Giebel

« Partir sans lui dire au revoir.
Parce que je me sens incapable d’affronter ses larmes ou de retenir les miennes.
L’abandonner à son sort.
Parce que je n’ai plus le choix.
(…)
Je m’appelle Aleyna, j’ai dix-sept ans.
Aleyna, ça veut dire éclat de lumière.
(…)
J’ai souvent détesté ma vie.
Je n’ai rien construit, à part un cimetière pour mes rêves.
Là au moins, on ne pourra pas me les voler. »
Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. D’OMBRE ET DE SILENCE réunit huit textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de (re)découvrir Karine Giebel intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…

Mon avis :

Karine Giebel fait partie des mes auteurs préférés. C’est pour cela que j’ai décidé de lire son nouveau livre, car, je dois l’admettre, les nouvelles, ce n’est pas vraiment mon truc. J’aime lorsque l’histoire, le décor, les personnages mettent du temps à se poser. J’ai été poussé par la curiosité également, avide comment Karine ne sortira de cet exercice de style.

Et je n’ai pas été déçue, bien au contraire ! Tout le talent de Karine ressort de manière magnifique. En quelques pages, elle arrive à nous subjuguer, nous terrifier, nous faire prendre conscience de plein de choses.

8 nouvelles totalement différentes l’une de l’autre, avec un point commun : une femme, personnage central, aux prises avec des hommes, frère, propriétaire, amant, innocent condamné à tord, ou encore la maladie.

« L’homme en noir » : terrifiante histoire de vengeance, qui fait froid dans le dos. David, encore enfant, assiste à l’assassinat de son père,  en 1994. Aujourd’hui, adulte tourmenté qui n’a de cesse de se venger, il retrouve le meurtrier et décide de se faire justice. Une montée en puissance, et une chute, vertigineuse !!! Juste démentielle !

« Alyena » : Alyena, jeune musulmane promise au mariage arrangé par ses parents, décide de quitter le domicile pour fuir cette vie dont elle ne veut pas. Un portrait touchant et émouvant, prise de conscience de ce que subissent de nombreuses jeunes filles à travers le monde. Le respect des traditions et les terribles conséquences de la rébellion.

 

 

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