Mes chroniques, mes lectures

« Ils étaient vingt et cent… » de Stanislas PETROSKY

Informations :

Titre : Ils étaient vingt et cent…

Auteur : Stanislas Petrosky

Éditeur : French Pulp

Nombre de pages : 240 pages

Format  et prix : broché 18 € / numérique 11,99 €

Date de publication : 11 avril 2019

Genre : roman historique

Résumé :

Mon avis :

Ce roman est une réédition enrichie de « Ravensbrück, mon amour… » paru aux éditions Atelier Mosésu en mars 2015.

Peut-on parler de coups de cœur pour un roman dénonçant la vie dans les camps de concentration nazis ? Je ne pense pas. Ce qui est certain, c’est que ce roman m’a profondément bouleversée et qu’il fera partie des grands moments de ma vie de lectrice ! Mais également que cette chronique a été l’une des plus dure que j’ai écrite.

Sous forme de journal intime, l’auteur nous propose un témoignage déchirant sur le camp de concentration de Ravensbrück.

Ranvensbrück, le seul grand camp de concentration réservé aux femmes. Rien que le nom me fait frémir. Coups, tortures, pendaisons, exécutions étaient quotidiens. Certaines étaient tuées par injection de poison ou encore utilisées comme cobaye pour des expériences médicales. Les enfants, les nourrissons, n’étaient pas en reste. Noyés dès la naissance, certains avaient le « droit » de vivre, mais était-ce vraiment une chance ?

Gunther va nous raconter sa vie dans le camp. Enfin, il va plutôt nous décrire la mort, qui menace chaque seconde, la lutte pour la survie. Il est allemand, simple kapo qui devient illustrateur au sein du camp, chargé de « croquer » l’ignominie, la souffrance, l’horreur. Pour sauver sa peau, il va devoir dessiner en ayant sous ses yeux ces femmes que l’on torture à vif, qui hurlent, les chairs qu’on déchiquète, le scalpel qui coupe, le sang qui gicle, impuissant face à toute cette cruauté. Gunther n’est pas un nazi, il est important de le préciser. Il réfute Hitler et ses idées. Il se décrit lui-même comme un lâche, profitant de son don pour le dessin afin de se protéger, se fondant dans le paysage, se faisant oublier. Prisonnier de son crayon, de sa passion. Lui qui voudrait tant dessiner la femme autrement, dans des circonstances bien plus joyeuses.

Le lecteur ne peut que subir les mots, les images prenant forme dans son esprit, on en viendrait presque à entendre les hurlements. Vous me connaissez, je suis allée faire un tour sur le net pour approfondir le sujet, cela a rajouté à mon malaise. Dans les remerciements, l’auteur nous confie s’être inspiré de Czeslaw Kwok, cette jeune juive de 14 ans, décédée dans d’atroces conditions à Auschwitz, pour construire son personnage d’Edna.

Ces images avaient fait le tour du monde l’an dernier :

Vive émotion autour des photos colorisées d’une Polonaise de 14 ans tuée à Auschwitz

La plume de l’auteur est d’une grande sensibilité et d’une extrême délicatesse. Sans aucun filtre, il retranscrit parfaitement les émotions, réussissant à insuffler un souffle d’espoir et d’amour entre toutes ces horreurs. J’ai oublié que j’étais dans une fiction, j’ai pleuré, beaucoup, j’ai espéré, malgré tout. L’écriture est recherchée, profonde, efficace, factuelle, retranscrivant les émotions à la perfection.

Là où c’était intéressant également, c’est que Gunther a aujourd’hui 99 ans, et il nous raconte également sa vie après la libération, sa tentative de reconstruction. Cette partie-là manque cruellement dans les témoignages que j’ai pu lire auparavant. En effet, comment peut-on continuer à vivre après une telle expérience ? Que ressent-on ? Jusqu’où peut aller la résilience ?

Autre point qu’il faut souligner : dans ce roman, on se rend compte qu’avant de devenir nazis, ces monstres étaient « normaux » : des gamins insouciants jouant ensemble dans la cour de l’école, des parents aimant leurs enfants, des infirmières et des médecins dont la vocation première était de sauver des vies. Un jour, ils ont basculés dans l’idéalisme, la dictature totalitaire et expansionniste, révélant leur cruauté, les privant de toute once de pitié et de compassion envers leurs semblables.

Un roman à lire absolument, pour ne jamais oublier. Attention tout de même, c’est une lecture qui secoue énormément, certaines scènes sont insoutenables. J’ai une pensée pour toutes les victimes qui ont été, qui sont ou qui seront victimes des guerres et des génocides.

N’oubliez jamais que la bête n’est pas morte, elle dort, son sommeil n’est pas si profond…Prenez garde à ce que personne ne la réveille…

Je remercie les Éditions French Pulp et NetGalley pour cette lecture.

#NetGalleyFrance #Ilsétaientvingtetcent

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : le résumé ! La Seconde Guerre Mondiale est une période historiquement atroce où la barbarie a atteint des sommets. Je lis souvent des témoignages, même « romancés ». Je trouve que c’est important quelquefois, de « remettre les pendules à l’heure ». On se plaint de plein de choses. Ces hommes et ces femmes ont fait preuve d’un courage et d’une force de vivre incroyable.

Auteur connu : je ne connaissais pas Stanislas, pourtant il a plus d’une dizaine de romans à son actif !

Émotions ressenties lors de la lecture : je crois que jamais un livre n’aura fait défilé autant d’émotions ! Ce livre m’a retourné le cœur et l’esprit. Je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture, c’est le moins que l’on puisse dire. Peur, terreur, révolte, espoir, mais aussi un profond dégoût de l’espèce humaine.

Ce que j’ai moins aimé : RAS

Les plus : vivre ce roman à travers les yeux de Gunther, rendant l’immersion totale. Le gros travail documentaire. Toutes les émotions apparaissant au détour de chaque pages. L’écriture. La couverture, magnifique et si bien représentative.

2 réflexions au sujet de “« Ils étaient vingt et cent… » de Stanislas PETROSKY”

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