« Lëd » de Caryl FEREY

Informations :

Titre : Lëd

Auteur : Caryl Ferey

Éditeur : Les Arènes

Nombre de pages : 523 pages

Format  et prix : broché 22.90 € / numérique 16.99 €

Date de publication : 14 janvier 2021

Genre : roman noir

Résumé :

Norilsk est la ville de Sibérie la plus au nord et la plus polluée au monde. Dans cet univers dantesque où les aurores boréales se succèdent, les températures peuvent descendre sous les 60°C.
Au lendemain d’un ouragan arctique, le cadavre d’un éleveur de rennes émerge des décombres d’un toit d’immeuble, arraché par les éléments. Boris, flic flegmatique banni d’Irkoutsk, est chargé de l’affaire.
Dans cette prison à ciel ouvert, il découvre une jeunesse qui s’épuise à la mine, s’invente des échappatoires, s’évade et aime au mépris du danger. Parce qu’à Norilsk, où la corruption est partout, chacun se surveille.
Et la menace rôde tandis que Boris s’entête…

Mon avis :

Lëd, en russe, signifie « glace ». Titre bien nommé pour aller faire un tour en Sibérie du Nord, là où l’hiver dure huit mois sur douze et où la température descend largement au-dessous des -30°C. Autant vous dire que je ne mettrai jamais un orteil là-bas ! Je me caille déjà rien qu’en lisant ce roman ! Brrrr.

Nous sommes à Norilsk, cité minière, ancien goulag à l’accès toujours réglementé, bref, un petit lieu charmant où Caryl avait déjà posé ses bagages en 2017 pour nous offrir le roman éponyme.

« Lëd » peut toutefois se lire indépendamment, ce que j’ai fait, et j’ai été nullement gênée dans ma lecture.

Gleb, passionné de photographie, décide de braver les éléments pour se rendre sur le toit de son immeuble afin de croquer l’ouragan qui balaye la nuit pourpre. Il va se retrouver nez à nez (si je puis dire) avec le cadavre congelé d’un Nenets, un éleveur de rennes autochtone. L’enquête est confiée au lieutenant Boris Ivanov et s’annonce délicate. Qui est ce Nenets ? Que faisait-il en ville ? Pourquoi a-t-il été assassiné ? Et par qui ? Voilà pour le contexte.

Au-delà de l’enquête policière, qui sert de trame à Caryl, c’est tout un mode de vie qui est passé au crible. Et c’est ce que j’aime dans les romans de Caryl. Il nous fait voyager dans des contrées inconnues (ou presque) et nous invite à entrer dans le quotidien des habitants. Je me suis sentie proche de Nikita, Gleb, Boris, Anya et les autres. J’ai partagé ces tranches de vie avec des étoiles dans les yeux.

Caryl a une plume totalement immersive qui nous fait ressentir les personnages, les ambiances, les paysages. Ouvrir un roman de Caryl c’est l’assurance de partir loin, de tout oublier. Contrairement à certains auteurs, Caryl se rend sur place avant d’écrire son roman. Et cela se ressent lors de la lecture. On ne peut pas retranscrire de telles relations humaines, une telle humanité et cette chaleur, en fouinant sur Google ! Les livres de Caryl sont authentiques. Détaillés, où l’accent est mis sur les lieux et les personnages. Avec ses mots, j’ai ressenti sur ma peau la morsure du froid, j’ai manqué d’oxygène avec Anya, dont les poumons sont définitivement abîmés par la pollution induite par les rejets de métaux lourds et de dioxyde de soufre. Je suis partie avec Dasha à la recherche de ses origines, apprenant ce qu’était un zek, (prisonniers du Goulag) et quelles étaient leurs atroces conditions de vie.

Les thématiques abordées sont nombreuses, rendant le roman extrêmement dense et surtout passionnant. La jeunesse russe et ses déviances, l’homosexualité, le handicap, le travail minier, l’amour, tout est recouvert de glace à l’extérieur, mais à l’intérieur, la brasier dévaste tout.

Un livre qui se vit, qui se respire, dont on ne sort pas indemne. A chaque fois que j’ai arrêté ma lecture, il me fallait un petit temps d’adaptation pour revenir au monde réel et à ma vie. Un roman d’une belle noirceur, simplement éclairé par une aurore boréale, synonyme d’espoir.

« Norilsk était une ville vortex, un poison psychique qui aspirait le cerveau des hommes échoués là, vous ramenait larves dans l’œuf, en fusion au cœur d’un noyau perdu. Une impression lunaire annulait les reliefs et les parois, pulvérisait les sens. »

Je vous conseille ce petit voyage sibérien, accompagné d’un thé brûlant pour vous réchauffer, ou, pour les amateurs, d’un petit shot de vodka (russe bien entendu). Vous m’en direz des nouvelles !

#Lëd  #CarylFérey #LesArènes

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : l’auteur ! Tout simplement !

Auteur connu :  j’ai eu la chance de rencontrer Caryl plusieurs fois au détour de salons. J’ai lu et chroniqué « Paz » . D’autres de ses romans ont été lus avant l’aventure du blog.

Émotions ressenties lors de la lecture : une palette incroyable ! Impossible de toutes les énumérer, mais elles étaient nombreuses, et aussi bien dans le domaine de la peur que dans celui de la joie.

Ce que j’ai moins aimé : réfléchissons……………………ben, franchement, je vois pas !!!

Les plus : la plume, l’immersion, l’émotion, le travail de recherches si bien retranscris, les personnages, le déroulé du récit, la fin.

6 commentaires sur “« Lëd » de Caryl FEREY

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