Mes chroniques, mes lectures

« Le loup des Cordeliers » d’Henri LOEVENBRUCK

Informations :

Titre : le loup des Cordeliers

Auteur : Henri Loevenbruck

Éditeur : XO

Nombre de pages : 560 pages

Format  et prix : broché 21.90 € / numérique 13.99 €

Date de publication : 24 octobre 2019

Genre : polar historique

Résumé :

Mai 1789, un vent de révolte souffle sur Paris.

Gabriel Joly, jeune provincial ambitieux, monte à la capitale où il rêve de devenir le plus grand journaliste de son temps. un enquêteur déterminé à faire la lumière sur les mystères de cette période tourmentée.

Son premier défi : démasquer le Loup des Cordeliers, cet étrange justicier qui tient un loup en laisse et, la nuit, commet de sanglants assassinats pour protéger des femmes dans les rues de Paris…

Les investigations de Gabriel Joly le conduisent alors sur la route des grands acteurs de la Révolution qui commence : Danton, Desmoulins, Mirabeau, Robespierre, personnages dont on découvre l’ambition, le caractère, les plans secrets.

Alors que, le 14 juillet, un homme s’échappe discrètement de la Bastille, Gabriel Joly va-t-il découvrir l’identité véritable du Loup des Cordeliers, et mettre au jour l’un des plus grands complots de la Révolution française ?

UN ENQUÊTEUR REDOUTABLE

Une fresque magistrale des premiers jours de la révolution

Mon avis :

Etes-vous prêt pour une plongée au cœur des débuts de la Révolution Française ? Découvrir le tumulte de la vie parisienne, la disette, le peuple affamé, la colère qui gronde et qui enfle, et les États Généraux qui s’ouvrent ? Vous les voyez les fiacres, les échoppes, les cafés ? Voulez-vous tailler le bout de gras avec Camille Desmoulins au café Procope, point de ralliement de toute la république des lettres ? Croiser Mirabeau, découvrir qu’il est libertin et sulfureux ?

Nous sommes en 1789, à Paris, dans le quartier des Cordeliers, entre la Sorbonne et l’abbaye de Port-Royal.

Gabriel Joly, 23 ans, arrive à la capitale, bien décidé à devenir un grand journaliste. Anne-Josephe Terwayne, 30 ans, pose ses souliers et son sabre à Paris, curieuse de vivre de l’intérieur ce vent de liberté qui commence à souffler.

Et au milieu de tout ce tumulte, il y a ce fameux Loup des Cordeliers, justicier agile de l’épée et accompagné d’un loup féroce et sanguinaire. Qui est-il ? Quelle cause défend-il ? Quel est le mystère qui l’entoure ?

Henri nous propose là un roman, non un instantané historique incroyable. C’est comme si nous y étions. Perso, la Révolution française m’avait laissée un goût très amer lors des cours d’histoire de collège. C’était juste imbuvable pour moi, j’étais totalement réfractaire à ce moment pourtant primordial de l’Histoire de France. C’est donc avec pas mal d’appréhension que j’ai ouvert « Le loup des Cordeliers ». Parce que, vu le pavé, si c’était comme les cours de l’époque, eh, bien, c’était loin d’être gagné. Le challenge était énorme, c’est moi qui vous le dit !

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Collégiens, écoutez moi ! Vos cours d’histoire vous gavent ? Prenez le temps de lire « Le loup des Cordeliers », vous apprendrez l’histoire de la Révolution de manière ludique, complète et très bien détaillée. Ne me remerciez pas.

Car oui, Henri a fait un travail de recherche et de documentation considérable. Cela me donne la chair de poule rien que d’y penser. Le nombre d’heures qu’il a dû passer à potasser ! Et le résultat est là. Une fresque de toute beauté, qui colle au plus près de la réalité, qui nous permet de vivre cette Révolution de l’intérieur, de comprendre moult choses, bref, de nous réconcilier avec l’histoire. En alliant la réalité historique et la fiction, Henri réussit un véritable coup de maître.

J’ai adoré Gabriel, plein d’enthousiasme, il ne mâche pas ses mots, et va vite se faire une place parmi les journalistes indépendants, proposant ses articles au plus offrant. D’ailleurs, nous allons en apprendre beaucoup sur le monde de l’édition de l’époque. Passionnant ! Je me suis régalée de ces passages. Gabriel ne va pas hésiter à se lier avec un renégat, authentique pirate, Récif, qui sera une aide précieuse dans son enquête. Il n’aura de cesse de découvrir qui se cache sous la cape du loup des Cordeliers.

Quant aux anecdotes concernant les « célébrités » de cette période, c’était juste jouissif. On assiste par exemple à une gentille altercation entre Fabre d’Eglantine, auteur de « Il pleut, il pleut bergère », et Louis-Sébastien Mercier, grand écrivain des Lumières :

– C’est tout de même autre chose que ta fichue bergère qui rentre ses sales bêtes dans sa chaumière !

-Mais c’est la rue, mon ami, qui est le meilleur juge, et je ne l’ai jamais entendue chanter du Mercier ! Nous verrons bien, en cet an 2440 que tu as imaginé, lequel de nous deux sera toujours cité !

Il faut également insister sur l’incroyable ressemblance, soulignée toute en suggestion, avec notre époque actuelle. La démocratie, le pouvoir du peuple, le féminisme, finalement, force est de constater que rien n’a réellement changé, et je pense que nos protagonistes de 1789 doivent se retourner dans leurs tombes.

Henri est un auteur passionnant et passionné, qui sait doser savamment ses ingrédients pour nous proposer des romans d’une grande qualité, à la construction impeccable. Sa plume est d’une justesse, d’une richesse et d’une fluidité à toute épreuve. Il sait captiver son lecteur, c’est le moins que l’on puisse dire !

Que dire de la fin ? Elle m’a guillotinée, point ! Je ne me doutais pas de ça ! Quelle claque ! Bon, sinon, à part ça, Henri, va falloir bosser, parce que là, c’est pas possible de nous laisser comme ça. Va falloir mariner combien de temps pour avoir la suite ?? C’est pas cool !!

Je remercie les Éditions XO pour cette lecture.

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En bref :

Ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre : j’ai lu deux romans d’Henri et j’ai eu deux coups de cœur (« J’irai tuer pour vous » et « Nous rêvions juste de liberté ») . Donc, lorsque Mélanie Rousset m’a proposé ce roman, j’ai foncé tête baissée. 

Auteur connu : j’ai eu la chance de rencontrer Henri aux Quais du Polar en 2017.

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Émotions ressenties lors de la lecture : beaucoup de curiosité et de passion, finalement. Une certaine avidité de découvrir l’Histoire avec un grand H. De la frustration par rapport à la fin. Je vais attendre la suite avec beaucoup d’impatience.

Ce que j’ai moins aimé : quelques longueurs mais rien de bien méchant.

Les plus : la façon de faire vivre l’Histoire. Les personnages de Gabriel et d’Anne. Le dosage fiction-réalité combiné à la perfection.

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